J'ENCULE LE CINEMA FRANCAIS (partie seconde)

Mon bel amour,

Cette cérémonie avait donc commencé de la plus belle des manières, avec l'éviction de cette insulte à la décence, et à l'intelligence
et à la dignité humaine dans son ensemble (quoique les humains réellement dignes se comptent sur les doigts d'une ou deux mains. Peut être pourrait-on à ce sujet songer à trancher les mains de monsieur Refn... Encore qu'il trouverait probablement le moyen de se servir de sa caméra-jouet à nouveau par le truchement de quelque artifice, et serait loisible de concocter de nouvelles perversions à l'aide ses moignons; je préfère n'y point songer, cela me remplit d'effroi).


Oui, oui mais voilà, il semble que l'intelligentsia crypto-fascisante confite d'imbécilité crasseuse qui décerne les couronnes ait finalement jugé bon de gâcher la fête en attribuant ses prix au petit bonheur la chance. Ce qui en dernière analyse n'a rien de surprenant de la part de ces débiles profonds - croisés fanatiques du mauvais gout, défenseurs grégaires aliénés à une institution aussi décatie et bornée qu'est l'Hollywood.

Certes il me doit de confesser peut être une ou deux lacunes parmi les tentatives de réalisations en compétition. Ainsi n'avais-je point jugé utile de visionner la boursoufflure "Hugo Cabret", l'insipide "Iron Lady" ou le pathétique "Stratège", ainsi que les quelques autres atteintes à la décence que je subodorrais derrière cinq ou six titres.

cependant outre ce menu détail, je livrerai ci après mon propre classement, qui me semble nettement plus approprié et faisant
une fois encore la preuve de ma supériorité intellectuelle sur les Cerbères de la critiques, ces Anubis dégénérés d'une industrie
cinématographique bloblotant dans le formol.

Ceux-ci vont je le sais décréter la curie contre moi; j'en ai l'habitude. Mais enfin, combien d'insultes aux chefs d'oeuvres du passé devront nous encore tolérer ? Combien de ces chef d'oeuvres saccagés par l'insigne paresse intellectuelle de ces attardés qui galvaudent les statuettes dorées comme si ce n'était qu'une vulgaire foire au cochon ? !


Je m'y étais préparé bien sûr, tant l'on avait promis l'outrage par voie de presse, et mille fois relayé par des soudards fascistes, ignorants baignants dans leur urine et l'autosatisfaction.

Car enfin comment peut-on sans compromission décerner ne serait-ce qu'une statuette à "The Artist", ce film péripatéticien, qui ne demeure qu'une performance pompeuse vouée à l'oubli, noyée dans la masse des chefs d'oeuvres du muet eux même déjà oubliés
(de ce qu'on m'a dit. Moi je n'en ai jamais visionné, car la musique de ces films est généralement excessivement exubérante; cela m'ennuie et me cause d'irritantes hémorragies cérébrales) ? !

Non qu'il soit dépourvu de quelques qualités : en effet, monsieur Hazanavicious a pris le soin d'engager un directeur de la photographie pas encore sénile, et même un costumier très probablement homosexuel, donc doté d'un certain goût. De plus, le petit chien n'est pas dépourvu de charisme.


Mais, ce n'est finalement pas même cet "Artist" qu'ont choisi de récompenser les fossiles de l'Hollywood ; non, dans leur esprit tordu, c'est en fait à eux même qu'ils procurent une petite gâterie, probablement pas lassés de l'onanisme frénétique dans lequel ils se vautrent pourtant le reste de l'année.

Leurs nombrils sales d'égotistes repus de médiocrité filandreuse, pataugeant dans la bauge infecte qu'est la Cité des Anges, ils récompensent leur propre capacité à survivre à un film muet; car oui, n'est-ce pas un exploit, dans cette époque tonitruante et idiote, pleine du bruit et de la fureur de la pop musique jouée sur des GSM façon ghetto blaster, des Kavinsky du monde entier, de l'i-pod/pad/phone/etc. (rayez de la planète toutes ces mentions inutiles et grossièrement agressives, absconneries débilitantes pour handicapés de l'Application cerveau), de la 3-D, du 3G+, du 2.0, et d'un Pirates des Caraïbes 7 réalisé par Tim Burton, roi de l'infect et des grotesques de carnaval qui devrait songer à se reconvertir définitivement dans le conte pour vieilleries gâteuses, tant avec sa "Triste Fin du Petit Enfant Huître" (sic), il fit la preuve qu'il n'est plus à même que de composer d'aussi absurdes niaiseries dégénérées.

Comme s'il fallût être un génie pour apprécier un film muet alors que, quoi ? Tout réalisateur tant soit peu compétent, tels
que messieurs Kubrick, Hitchock, ou celui dont le nom m'échappe, mais qui réalisa en son temps les "Maman j'ai raté l'avion",
ne fait-il pas que ça justement, composer des muets auxquels il ajoute, au bénéfice des technologies mises au point en
1927, des paroles ?

Quelle nécessité y'a t'il à pousser grotesquement le procédé jusqu'à ôter les voix, nous laissant plongés dans l'horreur d'une musique désarmante de niaiserie ? Nous forçant de surcroit à suivre une action stupide, étroite et restrictive, négligeant tout métaphorique à son navrant profit...

Oui mais voilà, les vieux délabrés aiment que l'on discoure sur eux, et raffolent rien plus que les turlutes prodiguées par de sophistiquées catins. Et dans l'incroyable opinion qu'ils nourrissent à leur propos, puisqu'ils ont SUIVI cet hommage doucereux à leur sexe flétri de pervers, cela doit NECESSAIREMENT relever du génie.

Non que je nourrisse quelconque ressentiment envers Jean Dujardin qui sous ses dehors de cloune et ses gesticulations abusives me semble un monsieur des plus sympathiques (encore qu'il ne m'étonnerait point qu'il batte sa femme, car l'homme semble porté sur la boisson et les drogues excitantes) ; non plus qu'envers monsieur Hazanavicious (qui doit se trouver bien malin d'être affublé d'un patronyme positivement imprononçable).

Mais enfin, si pour conquérir les Oscar il suffit de mettre en scène un groupe de catins vicieuses et déchainées, entreprenant frénétiquement de soulager messieurs Weinstein, Bruckheimer et Warner tandis qu'un TGV entre en gare de la Ciotat, j'avoue ma perplexité et mes réticences à parler "d'art cinématographique". Du racolage je veux bien, élégant même, mais du racolage enfin. Le discours sur soi a ses limites, et la machine tourne à vide, point.


 
Ma distribution eut été bien différente, preuve de plus de goût et d'un jugement de valeur supérieur. Comparer "The Artist" à "Tree of Life" c'est comparer Tchaikovsky au cantor de Leipzig. Certes le slave est élégant et raffiné, mais l'autre incarne la Musique dans sa perfection. Je vous laisse deviner qui l'on utilise pour vendre des yaourts et du papier hygiénique. Voilà.

Une distribution juste et équilibrée des prix eût été la suivante. Les idiots ricanants et incultes n'y entendront rien bien sûr (*)

Meilleur premier rôle masculin : Ce jeune enfant délicieux dans Tree of Life
Meilleur premier rôle féminin : Cette rouquine excitante en diable dans Tree of Life
Meilleur second rôle masculin : Ce charmant petit chien dans The Artist
Meilleur second rôle féminin : Une figurante qui apparait je pense dans Tree of Life à un moment quelconque
Meilleure musique originale : Johannes Sebastian Bach pour Tree of Life
Meilleur montage : Tree of Life
Meilleure lumière : L'arbre de Tree of Life
Meilleure réalisation : Monsieur Terrence Malick, démiurge
Meilleur film : Tree of Life

(Cette distribution des prix ravirait un certain ostréiculteur de mes amis)



Mais visiblement ces croulants décatis de l'Hollywood étaient par trop occupés à se masturber mutuellement au cours de bacchanales dépravées pour apprécier l'unique génie vivant du Septième Art. Certes monsieur Malick a l'immense tort de décliner les invitations de ces rebuts pervertis, ce qui probablement est une énigme pour ces demeurés qui n'imaginent pas la torture que doit être leur compagnie.


Art cinématographique ? A voir, quand une bande de singes plus évolués que la moyenne pourraient concevoir les mêmes stupides petites intrigues recyclées ad nauseam, les mêmes hommages racoleurs, pour ensuite, aussi, se congratuler au cours d'orgies qui seraient de leur goût (je connais mal les pratiques sexuelles déviantes chez les singes ; peut être, s'épouiller avec plus de vigueur que nécessaire, ou se frapper le ventre devant les femelles, ou peut être défiler en smoking et robe de soirée, et larmoyer son émoi et baver des remerciements hypocrites, ou que sais-je encore).


Lamentables cons, incapables de reconnaître l'ouverture vers un champ nouveau de perspectives inépuisables si on leur mettait la tête dedans; ouverture vers des lieux vierges d'exploration, vers d'effroyables Blancs sur les cartes du cinématographe, atteintes insupportables au confort embourgeoisé de ces messieurs idiots.

Et c'est pourtant autre chose que les diarrhées qu'on nous force à aller voir, parce qu'enfin, il faut bien parler de quelque chose dans les diners mondains; et de s'interroger si telle toupie finira dans l'anus de Di Caprio en vrai ou simplement en rêve,  voilà qui m'intéresse pourtant bien peu.

Tandis que parvenir, tel que le fit monsieur Terrence Malick à donner une sensation du monde, une sensation de monde, débarassée de cette logique discursive rationaliste sclérosante et débilitante, s'affranchir de la caractérisation a-cosmisante (ces vêtements jetés sur du vide) pour procéder de l'archétypique, du métaphorique pur : voilà tout autre chose, voilà un projet ample ! Une géopoétique à l'oeuvre ! Voilà ce vers quoi devrait tendre toute création ! Quand la règle semble de faire du bruit avec son moteur turbo diesel pour exciter les lycéens... Pour tremper de rosée matinale les draps frais de jeunes adolescentes... Tristesse !

Et quand voilà monsieur Malick parvenu sur ces "chemins qui ne mènent nulle part" que Martin Heidegger cherchait entre deux congrès du parti national-socialiste, quand nous voici à des rivages qu'il nous laisse en dernière instance libre de traverser, accourent les critiques nazis fondus d'autodaphés. Eux, préfèrent souiller ces promesses de voyages infinis, les disqualifiant sous l'appelation grotesque d'esthétique, de vision "New Age"; rappelant là quelque gourou sectateur et criminel, ou autres allumés des fusibles imbuvables de sérénité retrouvée.

Que ces dégénérés incultes et retardataires de l'évolution soient incapable de voir plus loin que le journal du soir ne les dispense aucunement de fermer leurs bouches sales. M'entend-on moi discourir à tort et à travers sur tous les sujets ? Non, bien.


Car je ne crois pas que l'on puisse réduir des pensées plusieurs fois millénaires à une prétendue "nouveauté", puisque tardivement découvertes, voire recouvertes à dessein sous des tombereaux d'inanités positivistes.

Le Tao, l'arbre sacré amérindien, pardon, c'est New Age ?

Non content de refiler la petite vérole et du bourbon à ces peuplades nécessairement arriérés, n'est-ce pas, leur pensée totale cosmisante serait donc que le fait de deux ou trois hippies...? D'une pitoyables petite bande d'abrutis dépenaillés aux cheveux sales, en désherrance spirituelle dans cet occident en pleine déliquescence théologique et morale ? Pour qui l'abandon simple du savon et du rasoir symboliserait un retour aux sources ? (Pour eux aussi je préconise la chambre à gaz, surtout en raison du caractère bruyant de leurs gesticulations); restons sérieux.

Dépouillons-les donc jusque dans leur dignité, ces sauvages incultes, mettons sur la touche leurs cultures de primitifs,  ils peuvent bien se saoûler la gueule au Johnny Walker et pas trop la ramener avec leur pensée rétrograde New Age, leurs cercles et leurs plumes à la con, des fois qu'il nous prendrait l'envie de leur jeter des bombes à la figure du haut de nos hélicopteres Commanches et Apaches.

Ton Ignatius, désabusé, comme de juste.


Ps: J'encule le cinéma français, comme de juste, encore.
Pps : La victoire aux Césars de cet attachant noir chauve au patronyme évoquant un fin crustacé le place donc, de facto et assez ironiquement, au firmament de la profession de comédien; puisqu'il pulvérisa l'Artiste clownesque pour le joli rôle d'attardé social qu'il tient dans la sympathique comédie d'extrême-droite "Intouchables".


(*) manière subtile de disqualifier d'office l'opinion de ces ânes dont je me fous. Prends en de la graine.